« STEVE JOBS »

Salut les gens.

Je viens de voir « Steve Jobs », de Danny Boyle (2015), avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen.

En un mot: fan-tas-tique!

Oubliez le biopic consensuel de 2013. Le film de Boyle ici, dont le seul (relatif) défaut est d’être sorti après, est infiniment supérieur à tous les niveaux.

Cinéphiles, comédiens/ennes connus ou pas, allez le voir. Ceci est un vrai film de comédiens. Il se déroule en 3 actes, chacun tournés sur 3 supports différents: 16 mm film, 35 mm film et numérique. Lors du tournage, avant chaque acte les comédiens répétaient pendant 1 semaine et ensuite tournaient l’acte, stop, répétition et ainsi de suite. Tourné dans 3 salles de théâtre différentes,  toujours en intérieur, il tourne autour des deux personnages principaux (Jobs et sa directrice marketing). Splendide travail (on va dire « comme d’habitude ») de Fassbender et Winslet, ainsi que tous les seconds rôles.

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Michael Fassbender

Le film nous tient en haleine pendant 2 h à la seule force des acteurs/trices et par la qualité des dialogues passablement denses et techniques.
Ce n’est pas un film qui parle du Mac. Il montre (dans chacun des actes) Jobs avant chaque lancement de produit, vous savez ces messes technologiques qui faisaient vibrer les Apple-addicts. Chaque acte se termine au moment de l’entrée en scène de Jobs.

Détail intéressant, le film ne montre jamais les conférences. Ces événements sont largement connus et on peut les voir sur internet. Cela évite l’écueil dans lequel est tombé la première adaptation de 2013, avec Ashton Kutcher. Mielleux et gentil à souhait, ce film ne servait qu’à faire plaisir aux fans d’Apple. A les brosser dans le sens du poil.

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Danny Boyle dirige Kate Winslet

Il montre l’histoire du succès et des échecs de Jobs, de ses conflits avec ses employés, ses partenaires (Steve Wozniak ou Andy Hertzfeld) et ses patrons, condensée d’une manière très habile, grâce au talent du scénariste réputé Aaron Sorkin. Et surtout l’histoire de sa paternité, sa fille qu’il refuse de reconnaitre au début. C’est dans cette relation qui se tisse difficilement dont émerge l’humanité du film, qui aurait pu être un long bla-bla sans âme. Echec évité avec brio car la narration est dynamique. On y inclus par le texte mais sans s’y apesentir le contexte de l’aventure Apple.
La musique est discrète, elle se limite à des nappes régulières et répétitives, jamais trop présentes. Elle n’est là que pour insinuer une tension subtile mais efficace quand il le faut. Les personnages sont complexes, humains, divers. Rien de manichéen ici.

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Face à se film, on peut tirer des parallèles avec « The Social Network », de David Fincher, l’histoire de Facebook, lui aussi écrit par Sorkin. Film brillant lui aussi mais ici Boyle nous offre plus de sensibilité aux humains, à ce qu’il vivent. La relation entre Jobs et sa fille est touchante au possible, car elle se développe malgré la personnalité rude de Jobs (il dit être indifférent au fait que ses collaborateurs ne l’aiment pas), et ne fleurit que tout à la fin, sans artifices, sans violons, sans grandes accolades, sans pleurs. Et c’est d’autant plus émouvant.

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Le rapport touchant entre Jobs et la fille qu’il refuse de reconnaître

A voir en VO si possible mais attention, ça parle beaucoup beaucoup. Si votre anglais ne vous permet pas de comprendre d’oreille, vous allez passer le 80% du temps le nez sur les sous-titres.


 

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