«WEST SIDE STORY» (1961)

Film de Jerome Robbins et Robert Wise – 2 h 32 min – 1961
Avec Natalie WoodRichard BeymerRuss Tamblyn

Bluffant dès les première images.
L’intro est un plan fixe sur une vue schématisée de New York vu d’en haut sur une musique qui pose l’ambiance. Les plans suivants sont silencieux pendant que nous parcourons la ville, toujours du haut.
Cela s’enchaîne avec les claquement de doigts de la bande des Jets. une bande de jeunes qui règnent sur leur quartier. Le film commence et on est abasourdi.
Ce film contient tout ce qui fait le grand cinéma: chaque plan est une merveille de composition, de captation du mouvement. Comme si la caméra dansait avec les personnages. Les chorégraphies sont dynamiques, par des danseurs qui DANSENT: ce sont des danseurs professionnels qui voltigent et courent comme des guépards. L’histoire sonne juste, les personnages crèvent l’écran, hommes, femmes. Les couleurs éclatent et participent grandement à l’intensité émotionnelle.
Rempli d’audace, on a l’impression que chaque plan a monopolisé le meilleur de chaque département de production. Comme tout grand classique, on comprends pourquoi il en est devenu un.
En 1961, les hommes étaient des hommes.
En 1961, les femmes étaient des femmes.
En 1961, on s’affrontait pour de vrai.
Peu importe l’époque, le vrai amour transcende toujours tout.
En 1961, on savait réaliser de vrais films qui vous prennent et vous emportent d’un bout à l’autre.
Mais surtout, il dévoile le gouffre abyssal qui le sépare de l’absence de qualité réelle des films actuels. On se rend compte que l’on vit à une époque où les films ne véhiculent plus de valeurs solides et profondes. Tout n’est que paraître et vices, superficiel et vent.
J’avais revu «La La Land» il y a quelques jours, film que je trouvais très touchant et plaisant. Mon Dieu… En réalité il est fade et superficiel. Ryan Gosling et Emma Stone savent poser un pied devant l’autre mais pas plus. Ils ne dansent pas, ils ne chantent pas, ils sussurent.
«La La Land» porte tous les défauts du cinéma des années post-2000. Alors que West Side Story nous parle avec les tripes, nous parlent de vraies valeurs qui nous touchent tous, «La La Land» nous parle de nos petites vies d’hommes modernes vendus au marché du travail décervelé, aux idéaux tordus et à l’absence de rêves puissants.
Nous ne le savons pas, ce film nous le rappelle: nous vivons en enfer.

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